La Guelde Delphina

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 Combat au baton

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MessageSujet: Combat au baton   Sam 2 Aoû - 0:19

...(Source issues du net)...
Note au lecteur : ce site se place dans le contexte de l'Europe occidentale. Il ne sera donc pas fait mention de l'utilisation du bâton dans les îles Canaries ni en Asie par exemple.

Le gourdin a de tout temps constitué une arme mais il a été rapidement supplanté par des outils plus spécialisés.
L'usage du bâton au Moyen Âge


Au Moyen Âge, des duels judiciaires au bâton étaient autorisés pour tous ceux qui n'avaient pas d'épée, sans doute par simulacre des duels qui opposaient de temps à autres certains seigneurs. On retrouve en tout cas trace dans l'iconographie de tels combats, bien que ce soit relativement rare avant le XIVe.
Il est notable que le duel opposant Renart à Ysengrin se face au gourdin et à l'écu. Or les deux sont de hauts barons à la cour du roi Noble. On peut en extraire trois hypothèses :


  1. l'auteur a évité de donner à ses protagonistes des épées qui auraient alors été par trop incongrues dans les mains d'animaux, et non de réels chevaliers. En donnant une arme de non-noble à Renart et Ysengrin, l'auteur ménage peut être la sphère des nobles qui est couramment égratignée. De la même manière qu'en dépeignant des animaux ces fables de tradition ésopienne ont donné licence à leurs auteurs de réaliser plus virulentes critiques sociales qu'ils ne l'auraient pu autrement ;
  2. l'auteur s'est contenté d'ajouter une graduation dans les combats qui se sont jusqu'à cet épisode uniquement réalisés avec les armes naturelles des animaux ;
  3. enfin il existait des duels entre nobles qui étaient réalisés au bâton.

Répertoire iconographique


Le gourdin est souvent mis dans les mains de personnages belliqueux non professionels. Par exemple, pour l'arrestation du christ, on retrouve souvent des civils armés de gourdins accompagnant les soldats romains :
On trouve des illustrations montrant des combats face à des monstres ou des animaux de bonne taille. Et curieusement, le bâton remplace là aussi de temps en temps l'épée. Fin XIIe, le superbe bestiaire d'Aberdeen montre un assaut entre un civil armé d'un bâton fin et d'un écu face à une sorte de vouivre tandis que parallèlement la bible de Winchester montre un civil assaillant un ours :

bestiaire d'Aberdeen

bible de Winchester
Autres exemples du XIVe, à gauche un pauvre hère singe un chevalier, avec un baudet comme destrier et... un gourdin à la place d'un bonne épée. À droite un civil armé d'un gourdin gronde un dragon qui fait une mine piteuse :



psautier de la reine Marie, British Museum, 1310.


bestiaire de Philippe de Thaon f38, début XIVe


Technique martiale


On ne dispose que de maigres informations sur la manière dont étaient utilisées ces armes de bois. Le fait qu'elles ne soient que rarement représentées dans les mains de combattants professionnels tend à discréditer toute hypothèse d'une utilisation d'armes entièrement constituées de bois dans les batailles. Des archéologues ont déjà retrouvé des épées en bois datés du XIIIe, et différents ouvrages parlent de l'usage de bâtons légers dans les mains des apprentis-chevaliers. Je manque toutefois de sérieuses références à ce sujet.
Du côté des rares livres médiévaux traitant des techniques de duels, on trouve peu de traces de bâton, le gourdin est bien plus en valeur. Par contre, le tout premier ouvrage à traiter du bâton est celui écrit par Hanko Döbringer en 1389. Döbringer était un élève du grand maître souabe Lichtenauer et son ouvrage serait une transcription de ses préceptes. En fait la plupart des maîtres allemands jusqu'au XVIIe siècle vont se présenter comme héritiers de l'art de Lichtenauer, Döbringer n'étant donc que le premier.
Voici le passage de l'ouvrage -- incomplet au demeurrant -- de Döbringer traitant du bâton :

Folio 78 rHie hebt sich an fechten mit der stangen À propos de l'escrime au bâton
Celui qui doit apprendre à combattre avec le bâton, celui-là doit savoir et retenir qu'avant tout un bâton, de douze spanen de long, se tient à droite.
Et que l'escrime au bâton se fait comme avec l'épée, et de la même manière que quelqu'un combat avec l'épée, il le fait avec le bâton.
Et le principe qui doit être entendu avec l'épée, als... kunheit, doit aussi être entendu avec le bâton.
Si le passage est très court, il nous apprend toutefois que pour Doëbringer, le bâton se manie de la même manière que l'épée ! Donc même si les spécificités du bâton n'ont pas été transcrites, il est possible à travers l'étude des techniques de combat à l'épée proposées dans ce manuel de connaître approximativement la technique de combat au bâton.
La transcription complète se trouve à l'adresse suivante :
http://www.bog.org.pl/arma/zrodla/traktaty/doebringer.html
Au XVe siècle, le Flos Duellatorum de Fiore de' Liberi, le Gladatoria (anonyme) et le manuscrit d'Ambras acrédité au maître Tahloffer (1459) sont les seuls à ma connaissance à montrer chacun une séquence de combat avec un bâton fin et allongé. Dans le cas du Flos Duellatorum, Le bâton y est toutefois uniquement utilisé pour se garder de la lance et non pas comme arme.

Flos Duellatorum, 1410. Dans le Gladatoria (Biblioteka Jagiellonski, Krakow, ouvrage complet) dont on ne connaît pas l'auteur, cette illustration de combat au bâton est placée loin après la section sur la lance. Cet ouvrage germanique est donc le premier à illustrer de manière non équivoque que le combat au bâton était étudié en tant que tel.

Gladatoria, 1425-1475, f.114.
Par contre dans le manuscrit d'Ambras (ouvrage complet), on trouve cette scène au milieu de plusieurs montrant des duels à la lance. Le fait que ces bâtons ne soient pas munis de pointes est-il un oubli du dessinateur ou est-ce volontaire ?

Manuscrit d'Ambras, 1459, f.83.
Enfin, il paraîtrait que dans un ouvrage anglais nommé Cotton Titus daté de la deuxième moitié du XVe siècle, une page serait consacré au bâton manié à deux mains, reprenant les mêmes termes que ceux utilisés dans la section sur l'épée longue. J'attends d'en savoir un peu plus.
Comme je l'ai dit auparavant, le gourdin est plus coté chez les maîtres d'armes du XVe. Par exemple, le grand maître allemand Tahloffer montre dans son Alte armatur und Ringkunst des duels avec des gourdins taillés :

Alte Armatur und Ringkunst de Tahloffer, 1459.
Duel judiciaire homme vs. femme, f.165 Duel judiciaire homme vs. homme f.209
Fiore de' Liberi, encore lui, propose sur la même page que celle du bâton un enchaînement permettant à un combattant muni de deux gourdins -- fait déjà exceptionnel --, tenu chacun avec une manchette, de se garder d'un adversaire muni d'une lance. Selon Rapisardi -- traducteur et commentateur du Flos Duellatorum -- il s'agit de lancer son gourdin porté dans la main droite sur son adversaire, puis de bénéficier de l'effet de surprise pour rentrer dans la garde en poussant la lance avec le gourdin de la main gauche et de planter sa dague dans son adversaire. Il est à noter qu'encore une fois, Fiore ne propose pas de chercher la touche avec un gourdin mais plutôt avec la dague.

Flos Duellatorum, 1410

L'illustration suivante est extraite du manuscrit d'escrime de Fillipo Vadi (1482-1487). La forte ressemblance de la situation avec le dessin du Flos Duellatorum n'est sûrement pas une coïncidence :

Par contre, dès le XVIe siècle, les maîtres allemands se mettent à traiter de façon très régulière des techniques de combat avec des bâton (Stangen).
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MessageSujet: Re: Combat au baton   Sam 2 Aoû - 0:27


L'enseignement du combat au bâton à partir du XVIe siècle


Dès la fin du XVe siècle, il semble que le combat au bâton s'inscrive dans l'enseignement classique dispensé par les maîtres d'armes français, allemands et anglais. Une belle illustration du Weisskunig, le roman autobiographique de Maximilian Ier commencé en 1516, montre une scène d'entrainement où l'on distingue nettement une paire de bâtons reposant au sol :
Mais on retrouve encore le gourdin dans les règlements de duels judiciaires -- c'était le cas au XVe, nous n'avons déjà vu -- à travers des textes comme celui de Brantôme de la fin XVIe. Toutefois, Branthôme souligne l'étrangeté dans l'usage de ces armes (« qui est certes plaisant pour la forme des armes par lesquelles il fust mené ») et il semble que cette coutume ne perdure qu'à quelques endroits seulement en Europe (voir l'extrait complet du DISCOURS SUR LES DUELS).

Le XVIe fait la part beaucoup plus belle aux bâtons de toutes taille, de 1,20 m à pas loin de 3 m (ces deux extrêmes se retrouvent dans l'ouvrage de Mair -- voir ci-après --) qui sont comme au XVe associés aux armes d'hast sans que je l'ai spécifiquement lu, il semble que les techniques au bâton servent de base aux techniques utilisant des armes emmanchées, mais les usages qu'on peut en avoir sont suffisamment riches et variés en eux-mêmes pour qu'ils nécessitent un traitement à part.

Le premier traité que je connaisse qui parle de l'usage du bâton au combat date d'après 1531. Il s'intitule Die Altenn Fechter anfengliche Kunst. Mais on ignore l'identité de son auteur. Cet ouvrage a été imprimé par Christian Egenolff à Franckfurt-am-Meyn (Francfort) et a bénéficié d'une réédition en 1558. Seules quatre pages sont consacrées à l'arme qui nous intéresse. Le plus étonnant, c'est le soin qu'a pris l'auteur à bien préciser l'orgine de cette arme dans son préambule ainsi que l'explication des différentes gardes au bâton :
début de traduction par Olivier Dupuis.
Cette démarche dénote d'une forte envie de bien présenter la technique, sans doute parce qu'elle est assez nouvelle.
La transcription complète de ce livre se trouve sur le site de l'association Die Freifechter.
Christoph Amberger apporte quelques informations sur cet ouvrage dans son article The Death of History: Historic European fighting arts in the Mis-information Age

Le deuxième traité de combat est un ouvrage écrit en français, la noble science des joueurs d'espee, « Imprime en la ville danvers par moy Guillame Boisterman demourant a la Lycorne dor. Lan mil cincq cens et xxxviii. » (1538)
Dix pages sont consacrées au bâton. On peut noter une forte ressemblance entre les illustrations et le texte avec Die Altenn Fechter ; en fait, la Noble Science serait une traduction de l'ouvrage d'un dénommé Pauernfeindt, qui aurait de son côté inspiré le travail sur le Die Altenn Fechter.
La traduction de la section bâton est en cours et accessible dans la page dédiée à la Noble science.
La transcription complète de ce livre est disponible à : section Noble Science du site Arts d'armes.

Pendant ce temps, Paulus Hector Mair rédige l'Opus amplissimum de arte athletica, écrit aux environs de 1542. Mair distingue deux sortes de bâton dans les 44 pages qu'il réserve à cette arme : un bâton court, plus petit qu'un homme, et un long, de plus de deux hommes. L'ARMA propose aussi son lot de scans : section bâton
et une page d'étude

Joachim Meyer publie à Strasbourg Kunst des fechtens (l'Art de l'escrime) en 1570. Meyer était un coutelier bâlois qui s'est installé Strasbourg en 1561 et qui exerçait en parallèle une activité de maître d'arme. Contrairement à ce que j'ai pu écrire précédemment, Meyer était un franc-escrimeur, c'est-à-dire un maître d'arme non affilié à la confrérie impériale de Saint-Marc. Ce livre est abondamment illustré (73 planches) de très belle manière, et traite tout l'arsenal des armes de l'époque (épée longue, épée & dague, dusack, bâtons court & long, armes d'hast, dague, fléau et la lutte).

Un début de transcription est réalisé sur le site de l'association Die Freifechter.
La traduction de la section bâton est en cours et accessible dans ma page dédiée à Meyer.
Un site allemand présente les différentes gardes étudiée dans le Meyer : www.schulseiten.de/ethzuerich.


Des illustrations sont en lignes, au format flash, sur le site de J-F Gilles. Cet ouvrage a bénéficifié d'une réimpression en 1600 et en 1660 à Augsbourg. Une transcription de cette édition est en cours.

La traduction du début de la section du bâton est disponible.

Les personnes intéressées par cet auteur peuvent se rapporter à sa biographie et à la traduction de son ouvrage toutes deux publiées récemment :

  • Olivier Dupuis, Joachim Meyer, escrimeur libre, bourgeois de Strasbourg, (1537 ? - 1571) dans Maîtres et techniques de combat, Dijon : A.E.D.E.H., 2006. p. 107-120.
  • Jeffrey Forgeng. Joachim Meyer's Art of Combat: A German Martial Arts Treatise of 1570. Greenhill Books, 2006.


En 1599, Georges Silver publie deux études sur le combat en comparant plusieurs armes dont le bâton. Ce sont Paradoxes of Defence et Brief instructions upon my paradoxes of defence. Voici un extrait du Paradoxe of Defence :

Yet again for the short staff: the short staff has the vantage against the battle axe, black bill, or halberd: the short staff has the advantage, by reason of the nimbleness and length: he will strike and thrust freely, and in better and swifter time than can the battle axe, black bill, or halberd, and by reason of his judgement, distance and time, fight safe. And this resolve upon, the short staff is the best weapon against all manner of weapons, the forest bill excepted.Encore une fois pour le bâton court : le bâton court a l'avantage contre la hache de bataille, black bill (arme d'hast), ou la hallebarde : le bâton court a l'avantage, en raison de l'agilité et de la longueur : il frappera et estoquera librement, et ce plus rapidement et précisément que la hache de bataille, la black bill, ou la hallebarde, et en raison de son jugement (?), de la distance et de la rapidité d'exécution, permet de combattre en sécurité. Ceci explique pourquoi le bâton court est la meilleure arme face à toute autre sorte d'arme, excepté la forest bill.
Transcription du Paradoxe of defence -- transcription du Brief instructions upon my paradoxes of defence.

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Honorine d'Armagnac
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MessageSujet: Re: Combat au baton   Sam 9 Aoû - 21:36

tous à vos bâtons alors !
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